domingo, 3 de enero de 2010

Cours de Cosmologie: Travail de recherche sur le théme" Matérialisme

PLAN

Introduction
I. APPROCHE DEFINITIONNELLE
1. Matière
2. Matérialisme

II. RAPPORT MATERIALISME ET LA NATURE
1. Le matérialisme antique
2. La vision du monde atomiste
3. Le retour moderne au sens philosophique et scientifique
du concept de la matière.

III.CRITIQUE ET INTERET PHILOSOPHIQUE

Conclusion

INTRODUCTION

Aborder le thème « matérialisme » en philosophie de la nature, plus spécifiquement en cosmologie, c’est revenir tout d’abord sur la clarification de la notion de la matière et ses transformations phénoménales dans la nature. C’est en outre, savoir distinguer nettement matérialisme cosmologique et ceux dits tant historique que dialectique, car ce concept « matérialisme » en tant que tel se présente en des éléments différents et complexes. C’est pourquoi nous donnons ici comme préalable que nous allons parler et situer notre thème du matérialisme dans le cadre de la philosophie de la nature. Par conséquent, matérialisme dans l’histoire marxiste et matérialisme dialectique ne vont pas beaucoup nous préoccuper au cours de ce travail. Ainsi, nous nous proposons de nous limiter effectivement sur la notion de la matière et son dérivé qui est matérialisme tout en jetant un regard sur l’aperçu évolutif de cette doctrine matérialisme scientifique dans la philosophie de la nature. Pour y arriver et aboutir des bons résultats, tout au long de cette étude, nous allons faire une fouille systématique de tout ce qui est écrit ayant une liaison avec la matière en général, et le matérialisme en philosophie par rapport de la cosmologie et de la nature en particulier. La question qui nous intéresse donc ici est celle de savoir si les rapports entre matière et matérialisme dans sa complexité peuvent contribuer aux phénomènes qui se réalisent dans la nature. Autrement dit, la matière peut-elle être un agent d’un changement des phénomènes qui se réalisent dans la nature ? Ce travail consistera à étudier et à élucider, autant que faire se peut et celui de la nature et du cosmos.
Ceci étant, notre réflexion s’articulera sur trois parties, dans la première il sera, tout d’abord question d’examiner les manières de concevoir concept matérialisme à partir de son dérivé qui est matière dans leur complexité étymologique et les éléments qui structurent la compréhension de ces deux notions de la matière et du matérialisme. La partie historique du matérialisme antique sera mis en exergue dans cette première partie .Ensuite dans la deuxième partie nous analyserons la spécificité de la matière comme notion scientifique et son rapport avec les phénomènes qui se réalisent dans le cosmos tout mettant l’accent sur les différentes approches des philosophes et scientifiques qui, ont donné leur contribution dans la compréhension de la matière dans le cosmos. La troisième partie enfin, fera l’état de la critique et de l’intérêt philosophique que nous aurons pu dégager de cette étude et émettre des réserves à la vision que beaucoup de philosophes et les scientifiques donnent au concept matérialisme dans les périodes différentes.

I. APPROCHE DEFINITIONNELLE

1. Matière
Etymologiquement le mot matière vient d’une part du mot latin « mater » qui veut dire mère. D’autre part, vient du mot grec « ούσια » qui veut dire pure indétermination. Pour Démocrite, la matière se définit comme un composé d’atome indivisible, croché et relié entre eux. Pour les philosophes, la matière est l’étendue qui nous entoure. Dans la philosophie de la nature comment celle-ci peut –elle être à l’origine de tout les phénomènes qui se réalisent dans le monde ? Pour répondre à cette question, nous allons d’abord voir comment des anciens ont donné leur réponse tout en expliquant ce que c »est la matière et son influence aux phénomènes du changement dans la nature. Aristote fut le premier à expliquer les matières de son influence aux changements de la nature. Pour Aristote la matière est pure indétermination. C’est dans son livre intitulé Physique qu’il a bien si développé le mot matière. La matière qui est en rapport avec la nature et le changement. Elle est un principe de production des choses naturelles. Pour lui, la nature (physis/φυσις) n’est pas elle-même une chose, ni un ensemble de choses, mais un principe (άρχη) ou une cause, capable d’expliquer comment les choses se produisent, viennent à l’existence (ούσια.)

En outre, pour Aristote la matière est l’un des principes constitutifs avec son corrélat, la forme (morphe), de toute substance singulière sensible sujette au changement, c’est-à-dire à la génération et à la corruption. Elle se définit par sa capacité à recevoir d’une forme des déterminations. Aristote relie cette matière à la forme car c’est la matière qui offre aux choses la possibilité d’être ce que postule leur forme. Partout dans la vie, la matière aspire à la forme, et la forme organise la matière. Cette forme est à l’œuvre à l’intérieur des choses. C’est pourquoi, selon Aristote, le monde est à tout moment ordonné en vue d’un but : cette ordonnance ne concerne seulement les organismes particuliers mais la nature entière, et par conséquent aussi l’homme. Enfin, dans la philosophie aristotélicienne il est bien clair que la matière peut expliquer les phénomènes qui se réalisent dans le cosmos. Des autres philosophes et des scientifiques vont y ajouter leur contribution. Pour les scientifiques, en 1906, Lord Rut Herford décrit la matière par le modèle planétaire (la matière est composée d’atome, celui-ci est composé d’un noyau et au périphérie gravite les électrons comme les planètes autour du soleil). Un peu plus tard, Niels Bohr privilégie le modèle du trajectoire : le modèle de Bohr repose sur la théorie de « quanta » de Max Planck qui affirme que l’énergie lumineuse ne peut être absorbée ou émise de matière continue mais des quantité fines (quanta) correspondant à des grains de lumière ou photons. En 1922, Louis de Broglie développe la théorie des ondes de matière : chaque électron émet une onde qui l’accompagne. En 1927, Heisenberg Schrödinger développe la théorie de l’atome nuage : il parle de densité de probabilité de présence d’un électron autour du noyau. L’électron est non ponctuel et présent partout selon une probabilité. De nos jours, l’état composé structurel et fondamental de la matière de la réalité physique comprends six particules appelées « leptons » six particules appelées e « quarks » et d’autres quatre responsables d’interaction microphysiques : Glaucon, photon, gravitation, boson à ces particules correspondent les antiparticules. L’antimatière n’est pas source d’annihilation de la matière, mais un état de matière qui se transforme en énergie en présence de son homologue.

En outre, le matérialisme antique est, en effet, réinterprété par la pensée moderne. Chez eux (les modernes) le matérialisme est devenu mécaniste. Tandis que chez les anciens, il y a eu surtout et ainsi d’après Démocrite, et selon MAX ; un dépassement d’épicurisme qui sauve la possibilité de liberté nécessaire d’action sans toutes fois établir le rapport dialectique entre la liberté et la nécessité ; rapport qui sera découvert par la philosophie hégélienne.

2. Matérialisme

Le mot « matérialisme » d’après André LALANDE se définit comme une doctrine d’après laquelle il n’existe d’autre substance que la matière, à laquelle on attribue des propriétés variables suivants les diverses formes de matérialismes, mais qui a pour caractère commun d’être conçue comme un ensemble d’objets individuels, représentables, figurés, mobiles occupant chacun une région déterminée de l’espace. Nous pouvons ajouter sur cette définition que matérialisme repose nécessairement sur une prétention d’exclusivité en faveur de la matière à l’égard d’un dualisme qui fait coexister la matière et l’esprit, le corps et âme, le mécanisme causal et la finalité. Cependant, nous remarquons qu’il est difficile de définir et concevoir le terme « matérialisme »tant qu »il admet beaucoup d’acceptions et jouit d’une polysémie évidente. Suite à ces difficultés les présocratiques, certainement, nous révèlent l’admirable spectacle d’une pensée scientifique, qui, progressivement trace chacun de son point de vue ce que c’est la matière qui donnera comme dérivation matérialisme. Chez les philosophes antiques, il y a eu tout d’abord l’étude et la recherche de toute chose « archè » tout en cherchant la causalité qui unit l’esprit et la matière. L’eau pour Thalès de Milet, l’air pour Anaximène, le feu d’Héraclite, les atomes de Démocrite et l’apeiron (indéterminé) d’Anaximandre peuvent faire penser à la matière qui serait à l’origine de toute chose surtout avec la doctrine nommée « matérialisme» ; alors que l’être de Parménide et le souffle d’Anaxagore semble évoquer l’esprit. La matière pourtant, est animée de vie, la force qui imprime le mouvement et ne lui est pas inhérente. Plutôt donc que de vouloir faire remonter le matérialisme à certains présocratiques, il vaut mieux sans douter englober l’ensemble de leurs doctrines sans le terme général d’hylozoïsme, hylé signifiant en grec matière : (outilla) et zoé vie. Enfin, nous, nous admettons qu’en cosmologie le mot matérialisme désigne une attitude philosophique et scientifique caractérisé par le recours exclusif à la notion de matière pour expliquer la totalité des phénomènes du monde physique et du monde moral.

Dans le cosmos, les phénomènes qui se réalisent prennent l’explication dans la matière. Cette dernière est aussi subie beaucoup des changements selon les états. Il y a d’abord :
L’état gazeux : le plus condensé et le plus compréhensible
L’état liquide : une simple force de cohésion entre les molécules
L’état solide : une grande force de cohésion entre les molécules.
Ces états de la matière s’expliquent de prime abord par la présence des forces entre les atomes et molécules (assemblages des atomes).

Ces états de la matière s’expliquent de prime abord par la présence des forces entre les atomes et les molécules (assemblage des atomes). Les molécules sont très éloignées les uns des autres en fonction de la faiblesse de la pression. C’est un état expansé. Les molécules sont en contact les uns des autres et leur agitation entraîne le désordre. C’est un état condensé. Les molécules subissent les variations et oscilles ou vibrent autours des positions moyennes. Cet état est dit cristallisé. Certains solides sont formés par des molécules et par un Ion (un atome qui a perdu un électron). C’est aussi un état condensé mais il convient à noter que dans la physique moderne la matière n’est plus considérée comme pure indétermination (Aristote) elle se comprend non seulement par le jugement d’existence mais mieux (en plus) par l’expérimentation. Par ailleurs, dans les périodes différentes il y a eu beaucoup de courants dont les diverses visions du monde. Nous allons faire recours à la vision du monde atomiste pour voir comment ils conçoivent les changements dans le cosmos à partir de la matière.

II. RAPPORT MATERIALISME ET LA NATURE

1. Le matérialisme antique

Avec les philosophes antiques, la préoccupation n’était que celle de la recherche des premiers principes qui seraient à l’origine de toutes choses. Ainsi, les philosophes de cette période s’intéressaient aux phénomènes qui se réalisent dans le cosmos. Mais Aristote ne conçoit la forme que liée à la matière : la matière offre aux choses la possibilité d’être ce que postule leur forme. Partout dans la vie, la matière aspire à la forme, et la forme organise la matière .Cette forme est à l’œuvre à l’intérieur des choses. C’est pourquoi, selon Aristote, le monde est à tout moment ordonné en vue d’un but : cette ordonnance ne concerne seulement les organismes particuliers mais la nature entière, et par conséquent aussi l’homme.

2. La vision du monde atomiste

Parler la vision du monde atomiste c’est tout d’abord voir la vision atomiste de Leucippe et de Démocrite une conception scientifique de type moderne et reposant sue des points de départ hérités d’une observation expérimentale. Leurs principes sont purement spéculatifs, comme le dit ZILLER ils « transposent aux atomes tous les caractères que les Eléates auraient attribués à l’être. Par ailleurs, on pourrait dire que l’atomisme constitue à sa manière une synthèse de l’Eléatisme et de l’héraclitéisme. De l’éléatisme il conserve l’idée d’une permanence et d’une immutabilité de l’être qu’il attribue aux atomes, de l’héraclitéisme il garde l’exigence de la diversité et de la multiplicité sensible pour rendre compte du changement. Ainsi donc, au problème classique : peut-on pousser la vision des substances à l’infini ? Les atomistes répondent : non ; selon eux il existe des corps compacts ( ούσια) qui constituent les plus petits éléments possibles , éléments qui sont insécables et qu’ils appellent par conséquent atomes. Ces derniers assurent beaucoup de changements dans le monde. L’atomisme disait Léon Brunschvicg est une philosophie de la poussière. L’intuition des particules de poussière en suspension dans l’air donne à penser que toutes les réalités se composent et se décomposer comme des rayons de soleil en grain d’intelligibilité élémentaire. Le monde est réduit à la raison grâce au passage du grand au petit, du complexe au petit, au simple, de la diversité à l’unité. L’ensemble s’explique par l’élément ; des atomes sont la menue monnaie du cosmos, mais il n’y a pas besoin d’autres choses pour composer la totalité de l’univers. Ici, il est bien clair que les atomes jouent un grand rôle et provoquer l’influence des changements dans l’univers. Mais Aristote viendra pour contredire voire opposer cette philosophie des atomistes. Aristote s’oppose donc aux atomistes affirmant que la matière apparaît relativisée ; elle se trouve engagée dans une hierarchie des matières et des formes, toute instance de réalités se proposant à la fois comme matière de la forme supérieure et forme de la matière inférieure. Alors que l’atome est une matière absolu, la matière ( ούσια) d’Aristote évoque plutôt « la matière première » de l’artiste ou de l’artisan, réservoir des possibilités qui pourront être mis en œuvre par une volonté créatrice. Le schéma aristotélicien de l’explication, prépondérant dans la culture scolastique, n’est ni mécaniste ni déterministe, ce qui permet de comprendre qu’il ait été adopté par les maîtres de la pensée chrétienne médiévale. Il faut souligner que ce renouveau de l’atomisme intervient avant même le développement de la science moderne ; on y trouve un modèle pour une construction spéculative du réel, satisfaisant pour ceux qui veulent se libérer du finalisme outré et purement verbal, de l’explication aristotélicienne. Il s’agit d’éliminer les qualités occultes, les vertus implicites, les quiddités qui empêchent de comprendre, ou de soupçonner, ce qui en question, dans le devenir des phénomènes. Descartes va y apporter sa vision et sa philosophie dans une page célèbre, dont l’on trouve l’anticipation chez Galilée, évoque le morceau de cire qui perd tout ses aspects qualitatifs lorsqu’on l’approche du feu. La vérité intrinsèque du morceau de cire, soustraite à la compréhension des sens se trouve dans le seule substance matérielle, substrat de toute intelligibilité.

3. Le retour moderne au sens philosophique et scientifique du concept de la matière.

Durant la période moderne, il y a eu la reconstruction moderne philosophique et scientifique du concept matière. On a tenu à rappeler beaucoup plus qu’on ne le fait d’habitude –ou alors dans un tout autre esprit que celui d’un exposé dogmatique de la tradition aristotélicienne –cet arrière –plan intellectuel et philosophique relatif au significations très anciennement acquises par ce mot, en effet, très anciennement philosophiques, qu’est le mot « matière ». C’est non seulement le seul moyen d’introduire aux essentielles les références conceptuelles du terme mais encore de donner les moyens de comprendre ce qui est survenu à l’époque de l’entrée de l’esprit dans la carrière de la science et de la philosophie moderne. Car cette époque a été, et pour de multiples raisons, essentiellement l’époque à laquelle le système des conceptions aristotéliciennes a été accablé, de quelques façons consciemment et délibérément, précisément pour permettre à des nouvelles formes de rationalité de se constituer fermement et de trouver devant soi le champ libre. A proportion nous ne pouvons reconnaître distinctement ce qu’est notre pensée d’homme moderne emporte avec elle qu’en discernant ces oppositions conceptuelles d’avec les formes de pensée dont elle s’est dégagée.

Dans cette période moderne, il y a eu un développement de la science moderne avec un modèle dont la construction spéculative du réel. Il s’agit d’éliminer des conceptions surnaturelles et occultes, les vérités implicites, les essences qui empêchent de comprendre ou de soupçonner, ce qui est en question dans le changement des phénomènes dans le cosmos. C’est dans cette optique que la révolution mécaniste se présente avec une allure vertigineuse de la connaissance expérimentale qui se situe dans les premières moitiés du XVII è siècle. Cette révolution est illustrée par la grande figure de Galilée. Ce dernier avec sa science c’était admissible la conjonction de la physique et des mathématiques n’a été possible que grâce à une représentation corpusculaire de la réalité renouvelée de l’atomisme antique. L’hypothèse corpusculaire réduit la nature au jeu indéfiniment varie de combinaisons entre les éléments matérielles agissant les uns sur les autres en vertu des lois rigoureuses. Par ailleurs, la réalité de la nature est conçue comme une énorme associative de particules élémentaires.

Toujours à la recherche d’expliquer comment la matière est à la base de toute transformation phénoménale qui agissent dans le monde, beaucoup de philosophes matérialistes et des scientifiques ont pu donner chacun son point de vue pour expliciter la conception mécanique de la réalité du monde. Nous pouvons ainsi énumérer les grandes figures de ces philosophes. Pour Descartes les phénomènes du changement dans le cosmos s’explique par la lumière naturelle avec une entière certitude qui est la matière. Et cette dernière consiste « dans la seule étendue, espace homogène dont les qualités sont sensibles. » Pour lui, la causalité est réduite à l’action mécanique des corps les uns sur les autres. Le monde est pour Descartes une combinaison de matière et de mouvement soumis aux exigences du calcul.
En bref, matérialiste cartésien affirme que, les changements des phénomènes dans le cosmos prennent l’origine à la matière. Mais Hobbes va dire que ce sont les atomes qui sont à la base des changements dans le monde. Comme il a été soutenu par les atomistes. Pour la philosophie épicurienne l’univers est composé d’atomes et de vide. Il n’ y a pas de commencement de monde, rien ne peut venir de rien ni revenir à rien. Pour les stoïciens le monde est un tout totalement déterminé, son unité et sa nécessité sont celle d’un immense organisme dans lequel chaque élément est lié à tous les autres par une sympathie universelle.
En outre leur argumentation consiste à montrer qu’il y a la force interne qui serait à l’origine des changements et des phénomènes dans le cosmos. C’est à partir des quatre incorporels qu’on arrive à exprimer la détermination des changements perpétuels dans le monde.

III. CRITIQUE ET INTERET PHILOSOPHIQUE

Au cours de ce travail nous avons pu différencier le concept matérialisme dans sa complexité. Ce dernier en tant que tel n’est pas univoque mais dispose l’équivocité. C’est pour quoi nous nous sommes penchés sut le matérialisme qui est en parallèle et à l’origine des transformation phénoménales qui surviennent et agissent dans le cosmos. Au moment où nous remarquons tant de matérialismes tant historique que dialectiques ; il a été question pour nous de dégager le rôle et la place de la matière dans la doctrine matérialisme car, la matière serait à l’origine du cosmos comme il en est des atomes d’après la philosophie atomiste. Le matérialisme est ici un dérivé de la matière et par ailleurs, est aussi une doctrine philosophique qui utilise la science pour soutenir des thèses qui ne sont pas de son ressort. Pour les tenants de cette philosophie en effet, toute la réalité se réduit à la matière. Les matérialistes affirment que c’est la matière qui est la seule réalité. Elle évoluerait par son dynamisme interne, et l’esprit n’en serait qu’un produit merveilleux mais tardif, car le devenir est Créateur de nouveauté. Les phénomènes vitaux comme ceux de la pensée ou du psychisme s’expliquent entièrement par les propriétés de la matière. Matérialisme ne donne-t-il pas de réponses ambiguës aux vraies questions : comment donc l’esprit de l’homme émerge-t-il de ce monde dans lequel il est enraciné ? Car toutes les doctrines qui professent la transcendance de la matière agissent avec la conscience de l’existence d’un devoir absolu. Il y a donc une contradiction si l’on admet à la fois matérialisme et le devoir absolu. C’est donc la négation du monde spirituel et une fois encore un refus de l’idée de Dieu et pourtant Dieu est au centre et régit le monde. Mais avec les philosophes matérialistes et les scientifiques nous sommes parvenus à remarquer qu’en cosmologie comme la science de la nature il est soutenu par Aristote, ses prédécesseurs et successeurs dans les périodes différentes que la matière serait à l’origine et aux transformations phénoménales du cosmos.

Conclusion

Au terme de ce travail où il était question d’étudier le concept matérialisme comme un agent de transformation phénoménale dans le cosmos, il ressort de notre analyse trois grands moments qui ont articulé notre réflexion dans une fouille systématique. Après avoir examiné tout d’abord la complexité et les caractéristiques des notions de matière et sa dérivée matérialisme, nous nous sommes ensuite penchés sur la relation entre matière et cosmos dans un parallélisme des changements dans la nature comme l’ont démontré les différents philosophes matérialistes et scientifiques. Ainsi, l’explication des changements des états de la matière, leur influence dans le domaine des transformations phénoménales du cosmos, constitue une tâche fondamentale pour mieux appréhender comment la matière est à l’origine du cosmos. La matière est, selon les matérialistes et les scientifiques, un élément qui permet d’envisager l’interaction plus dynamique dans la nature du cosmos. C’est pourquoi nous avons essayé de montrer la vision du monde antique et moderne à la base de la matière. Nous pouvons conclure en disant que la matière dans la nature a son rôle à jouer pour tous les phénomènes qui se réalisent dans le cosmos. Mais, il faut bien savoir que le matérialisme en tant que tel est apparemment un concept équivoque car il est si complexe : matérialisme historique, matérialisme dialectique et matérialisme philosophique et scientifique que nous avons cerné par rapport à la philosophie de la nature. Il est à noter que matérialisme qui nous a préoccupé au cours de ce travail n’est autre que celui qui est cosmologique.

BIBLIOGRAPHIE

N. BARAQUIN, Dictionnaire de l’histoire des philosophes, Paris, PUF, 2000.
E. BREHIER, La théorie des incorporels, Paris, PUF, 1962, 65p.
J. GAARDER, Le Monde de Sophie, Roman sur l’histoire de la philosophie, Paris, Seuil, 1998, 558p.
Encyclopaedia universalis. Dictionnaire de la philosophie, Paris, 2000, 2042p.
J.Y. CALVEZ, La Pensée de Karl Marx, Paris, PUF, 1962, 382p.
H. ARVON, L’Athéisme, Paris, PUF, 1967, 126p.
VIDAL, Atomisme Antique, Paris, PUF, 1981, 128p.
G.LALANDE, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Paris, PUF, 1926, 723p
Table des matières
Introduction………………………………………………….……….…….2
I. APPROCHE DEFINITIONNELLE………………………………..…..3
1. Matière………………………………………..…………………….…….3
2. Matérialisme …………………………………………………………..…4
II. RAPPORT MATERIALISME ET LA NATURE……………………6
1. Le matérialisme antique…………………………………………………..6
2. La vision du monde atomiste……………………………………………..6
3. Le retour moderne au sens philosophique et scientifique
du concept de la matière…………………………………………..…………7
III. CRITIQUE ET INTERET PHILOSOPHIQUE…………………10
Conclusion………………………………………………………………....11

Cours d'Histoire de l'education: Travail de refléxion

Pierre Célestin
MUNYANZIZA
Licence III-Education Cours d’Histoire de l’éducation

La portée éducative de la danse dans le film américain : « Take the lead ».[1]

Pour décrire notre film et y dégager sa portée éducative, nous voulons de prime abord, présenter ce que c’est la danse, en la décrivant un tout petit peu et enfin, entrer dans le vif du sujet pour pouvoir y ressortir la portée éducative de la danse. En effet, loin d’être purement simple divertissement et simple loisir, la danse dispose et renferme en elle une autre portée dont la considération est incontournable surtout en matière éducative. Ainsi, la danse est une composante majeure de la vie sociale, elle est partout présente. Elle fait partie de la vie quotidienne du village et de la ville. Elle rythme les grands événements de l’existence. Selon le dictionnaire Robert, la danse est « une suite expressive de mouvements du corps exécutés selon un rythme, le plus souvent au son de la musique, et suivant un art, une technique ou un code social plus ou moins explicite ».[2] De ce fait, la danse est un champ trop vaste qui intègre divertissement, loisir et au-delà, elle dispose la portée éducative. C’est avec cette considération horizontale et verticale de la danse que nous allons exploiter le film américain : « Take the lead » que nous avons assisté en classe au cours d’Histoire de l’Education.

Par rapport à notre film qui est l’objet de notre réflexion, nous disons que deux heures du temps que nous avons consacrées à ce film américain: «Take the lead» nous a permis d’une part, de nous détendre un peu, aérer notre cerveau et découvrir des belles voix d’une belle harmonie qu’a dégagée la danse bien exécutée par les étudiants après avoir suivi le Professeur M. Pierre Dulaine et sa façon particulière dont il a exécuté la danse avec un à un de ses étudiants dans le cadre de les apprendre à danser. D’autre part, Nous avons saisi et apprécié la grande portée et la valeur éducative que renferme ce film. Mais comment la danse peut avoir la dimension éducative? Quelle est la conception de l’homme qu’a cet éducateur à travers ce film? Quelle est la conception de l’éducation dans ce film et quelle serait notre appréciation personnelle de ce film?

Il y a certainement dans ce film américain «Take the lead», la conception de l’homme qui s’y dégage. Elle se manifeste à travers le personnage remarquable et professeur de danse.Il s’agit de M. Pierre Dulaine. Ce dernier conçoit à travers la danse un détermination et désintéressement de l’homme. Après avoir bien déchiffré les complexes de ses jeunes étudiants, il arrive à les aider à dépasser leur mentalité, comportements ; en les acceptant tels qu’ils sont. Nous soulignons ici d’autre part la capacité de M. Pierre Dulaine d’accepter et accueillir cette diversité de ses élèves au lieu de les condamner. Au contraire, il exerce l’autorité que nous évoquons ici c'est-à-dire l’autorité éducative (qui n’a rien avoir avec la loi) afin de venir en aide ses jeunes étudiants qui se sentaient complexés pour exécuter la danse. Cette conception de l’homme de l’éducation dans ce film se dévoile à travers les paroles, les attitudes, les gestes et les comportements des personnages principaux tels que les élèves, la directrice Mme Augustine et le Professeur de la danse M. Pierre Dulaine.

Cependant, nous avons pu dégager deux conceptions de l’éducation. Il s’agit de la conception purement classique qui consiste à renfermer les étudiants dans le respect aveugle des règlements intérieur de l’école un contrôle exclusivement officiel de l’école, qui vise que l’étude et le respect des exigences ou de la discipline de l’école. A cet effet, l’exemple c’est la figure de la directrice de l’école Mme Augustine et le Professeur de mathématique.
D’autres part, l’éducation qui dégage dans ce film telle qu’est présentée par M. Pierre Dulaine est conçue comme une formation qui vise la formation humaine dans son intégralité. Et cette éducation doit viser à l’insertion, récupération, orientation, de transformation des jeunes qui, avant étaient écrasé par l’autorité de l’établissement. C’est dans ce sens même que E. Durkheim stipule que l’éducation est l’activité exercée par les adultes sur les jeunes en vue de la socialisation de ces derniers[3]. Pour la danse signalons qu’il a été déclaré dans film qu’il faut danser pour soi même et non pour quelqu’un d’autre. Sinon c’est la danse exécutée sous l’autorité. Mais quelle est la conception alors de l’autorité dans ce film ?
En analysant ce film nous constatons qu’Il y a une sorte d’autorité en terme éducatifs qui s’y dégage. En effet, dans ce film deux figures majeures se dégagent d’autorité. Il s’agit en premier lieu de l’autorité qui se manifeste à travers directrice Mme Augustine. Son autorité est celle du pouvoir. Car, pas attitudes, elle montre qu’elle maîtrise bien sa carrière d’enseignent. Sur ce, elle estime de son autosuffisance qui ne se veut pas une autre dépendance de quelqu’un d’autre. Cette autorité que manifeste mme Augustine est en premier lieu une connotation négative car elle est en quelque sorte un orgueil et inflexibilité. Mais par après, elle va se convertir en remarquant que chez ses étudiants il y a aussi cette maîtrise de la danse et qu’enfin de compte la danse est non seulement simple loisir mais qu’elle a en elle une dimension c'est-à-dire celle des valeurs éducatives. Sur ce, comment parvient-on à dégager la valeur éducative à travers la danse et quelle est cette valeur éducative?

La danse renferme et contient en elle une richesse éducative. Elle est ni simple divertissement ni simple loisir. Mais elle est tout autre ; et loin delà elle est la valeur éducative. C’est surtout bien claire Chez John Locke. Car, la danse est comme un moyen d’éducation. Pour lui, la danse est le meilleur moyen de donner aux enfants une honnête assurance et une bonne tenue. C’est pourquoi, il dit qu’on doit apprendre aux enfants à danser des que l’on peut. C’est dans cette perspective qu’il stipule : « Bien que la danse en effet ne consiste que dans la grâce extérieure des mouvements , elle donne à l’enfant, je ne sais comment , les pensées et la démarche d’un homme, mieux que ne ferait tout autre chose[4] ».
La danse est dans cette logique une expression de relation et la solidarité d’où la fameuse expression des congolais qui dit «biso nayo » c'est-à-dire littéralement « toi et moi », pour dire que la danse s’exécute par deux personnes voire de plus mais pas par une seule personne : danser avec. Dans ce cas la danse favorise la communion. D’autre part, on dit « je danse donc je suis » comme Léopold Sédhar Senghor. Ainsi, la danse devient le dévoilement de l’être. Par ailleurs, la danse peut être un instrument de transmission des valeurs. Elle peut également être utiliser comme formation ou endoctrinement surtout quant elle est utilisée pour véhiculer l’idéologie. Elle peut aussi jouer un grand rôle dans la réconciliation pour remédier la situation de conflits qui va de mal en pis.

En guise de la conclusion, nous disons tout simplement que nous avons été touchés par l’audace du Professeur M. Pierre Dulaine qui a su dépassé la moquerie de ses collègues et arrivé à convaincre tous les jeunes à exécuter la danser. Et enfin, ils ont pu constater ensemble que la danse n’est pas seulement simple divertissement ou loisir car, loin delà elle intègre la dimension trop vaste qui est celle de l’éducation.

[1] Quand nous essayons de traduire en français c’est « Prenez le rôle principal ».
[2] Coll. Grand format, Le nouveau petit Robert de la langue française, Paris, Pierre ce Coubertin, 2008, 613.
[3] Cf. DURKHEIM, Education et sociologie, Paris, PUF, 1989, p. 5.
[4] J. LOCKE, Quelques pensées sur l’éducation, Paris, Vrin, 1963, p. 65.

Anthroplogie: Le phénomène humain




UNIVERSITE CATHOLIQUE D'AFRIQUE CENTRALE
INSTITUT CATHOLIQUE DE YAOUNDE
FACULTE DE PHILOSOPHIE
PREMIERE ANNEE


Anthropologie philosophique.

Exposé sur Teilhard de Chardin.

Le Phénomène Humain
Travail présenté par :
MUNYANZIZA Pierre Célestin
Missionnaires des Sacrés Cœurs
de Jésus et de Marie
Emails : cepimsscc@yahoo.fr
cepimsscc@hotmail.com
Site internet : http://munyanziza.blogspot.com/
au


Professeur : NDEBI BIYA

Année académique 2006/2007

Exposé sur Teilhard de Chardin.
Le phénomène humain

Plan de l’exposé :
0. INTRODUCTION ET BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR.
1. LA PREVIE.
a. L’étoffe de l’Univers.
b. Le Totum et le Quantum.
c. Le Dedans et le Dehors.
2. LA VIE.
a. L’apparition de la Vie.
b. L’expansion de la Vie.
c. L’arbre de la Vie.
3. LA PENSEE.
a. L’origine de la Pensée.
b. La Noosphère.
c. La Terre moderne.
4. LA SURVIE.
a. La montée de la conscience et le Point Oméga.
b. La terre finale.
5. LA PHILOSOPHIE DE TEILHARD DE CHARDIN
6. LA CONCLUSION.

0. INTRODUCTION.

A toutes les époques, l'Homme a cru qu'il se trouvait à un "tournant de l'Histoire". Et, jusqu' au certain point, pris sur une spire montante, il ne se trompait pas. Mais il est des moments où cette impression de transformation se fait plus forte et devient particulièrement justifiée. Et nous n'exagérons certainement pas l'importance de nos existences contemporaines en estimant que sur elles un virage profond du monde s'opère, au point de les broyer. Quand ce virage a-t-il commencé ? Impossible, bien entendu, de le définir au juste. Comme un grand navire, la masse humaine ne modifie que graduellement sa course.

Dans son ouvrage "Le Phénomène humain", Teilhard de Chardin, géologue et paléontologiste du 20ème siècle, nous décrit en large les résultats de son étude sur cette immense et inépuisable pensée de l'évolution de l'être humain. Teilhard, le 4ème des onze enfants, naquit le 1er mai 1881 à Auvergne en France.

Il commença sa formation à l'Ecole des Chartres, puis à 11ans il entra au collège des jésuites de Mongré où il fait des solides études en Humanités. A 18 ans, Ce brillant élève part pour Aix-en-Province ou il entre, le 20 mars 1899, au noviciat des jésuites. Le 25 mars 1901, il fait ses premiers vœux de jésuite et commence ses études littéraires. A Saint-Louis de Jersey, il passe trois années dans les études philosophiques, puis s'en va pendant trois ans enseigner la physique et la chimie au collège de Caire et revient pour quatre ans en Angleterre étudier la théologie à Ore Place. C'est là que, le 24 août 1911, il fut ordonné prêtre.

Le Père Teilhard fut envoyé en 1912 au Muséum de Paris chercher sa voie sous la direction du paléontologiste Marcellin Boule et en septembre 1914, partit pour son "troisième an" vite transformé en une épreuve qui, plus durement et plus longuement, le forma, la guerre. Il n'avait pas fait de service militaire, mais un Conseil de Révision le jugea, en décembre 1914, bon pour le service. Il met alors tout en œuvre pour ne pas rester à l'arrière, tant si bien que, dès janvier 1915, il part pour le front comme brancardier de 2ème classe au 4ème régiment mixte de zouaves et tirailleurs. Toujours là, sous les obus, dans la boue, entre les barbelés, il s'en va recueillir les blessés et les morts. Un soir, après l'échec d'une attaque, le colonel venait de désigner une patrouille pour aller chercher devant le nid de mitrailleuses le corps d'un capitaine : il réclame pour lui seul cette mission et revient au petit jour portant le corps de l'officier. Il ne reçut pas la moindre égratignure de toute la guerre, ne voulut pas d'autre grade que celui de caporal, mais fut obligé d'accepter les décorations, croix de guerre, médaille militaire etc. Dans les intervalles de la bataille il regarde, non pas de plus près, mais avec plus d'attention, ces parois de terre entre lesquelles il vit, et cette étude est si intéressante qu'il en reprendra quelques éléments dans sa thèse de doctorat.

Démobilisé en mars 1919, le Père Teilhard va entrer dans sa trente-neuvième année : sa carrière scientifique commence. Il retrouve le laboratoire de Boule tout en préparant sa licence, 1919 et 1920, et sa thèse de doctorat ébauchée dans les tranchées des environs de Reims. Son intérêt le portait surtout vers les fossiles humains et à défaut des fossiles humains, il entreprit l'étude des mammifères du Tertiaire qui lui feraient mieux connaître l'environnement du rameau hominien et peut-être son origine. Il poursuit son itinéraire de recherche sur les fossiles en Chine où il travailla dans un service géologique américain de Pékin vers 1929, puis entreprit sa recherche à Paris, à New York, en Ethiopie, en Malaisie etc. Cette traversée permit au Père Teilhard de faire quelques observations intéressantes du point de vue géologique, en même temps que d'autres, plus personnelles, du point de vue humain et religieux. La guerre de 1939 le trouve en Chine en met un point à ses expéditions sur le terrain. Il occupe ses loisirs forcés à des travaux de musée et à la composition de son ouvrage, Le phénomène humain. En 1946, il quitte définitivement Pékin pour Paris où il est nommé en 1947, directeur de Recherche au C.N.R.S., et il entre en 1951 à l'Académie des Sciences. Profondément attaché à la vie religieuse, il n'envisage jamais d'agir contre la volonté de ses supérieurs et de laisser imprimer un ouvrage arrêté par la censure : il peut toujours se dire "fils d'obéissance". Sa bonne foi est totale et ne paraît pas avoir été mise en doute même par ceux qui l'ont le plus attaqué. "Je suis décidé à tout sacrifier, plutôt que de porter atteinte, en moi ou autour de moi, à l'intégrité du Christ". Le 10 avril 1955, au soir de Pâques dans un salon de New York, il causait avec des amis avant l'heure du thé. A l'instant où il se dirigeait vers la table, une crise cardiaque le terrassa et il s'écroula sur le plancher. "Que s'est-il donc passé ? Où suis-je ? " On essaie de le rassurer : "Cette fois, je sens que c'est terrible !" Ce furent ses dernières paroles.

Voilà ainsi donc qu'au prix de ce que nous endurons, un pas de plus, un pas décisif de la Vie, est en train de se faire en nous et autour de nous. Il y a eu des premiers Hommes pour voir nos origines, il y en aura pour assister aux grandes scènes de la Fin. La chance et l'honneur, de nos brèves existences à nous-mêmes, c'est de coïncider avec une mue de la Noosphère.

En ces zones confuses et tendues où le Présent se mêle au Futur, dans un Monde en ébullition, nous voici face à face avec toute la grandeur, une grandeur jamais atteinte, du Phénomène Humain. Ici ou nulle part, maintenant ou jamais, dans ce maximum et à cette proximité, nous pouvons espérer, mieux qu'aucun des esprits qui nous ont devancés, mesurer l'importance et apprécier le sens de l'Hominisation. Ainsi, L'homme ne saurait se voir complètement en dehors de l'Humanité ; ni l'Humanité en dehors de la Vie, ni la Vie en dehors de l'Univers. D'où le plan essentiel de ce travail : la Prévie, la Vie, la Pensée, ces trois éléments dessinant le Passé, et commandant pour l'avenir la Survie, une seule et même trajectoire : la courbe du Phénomène humain.

I. LA PREVIE.

Déplacer un objet vers l’arrière dans le Passé équivaut à le réduire en ses éléments les plus simples. Cette partie qui comme le mot l’indique la Prévie c’est-à-dire ce qui a précédé notre vie, vient nous montrer plutôt scientifiquement une suite évolutive de l’espèce humaine au milieu des autres animaux. Cela est défini plus exactement par la capacité intérieure de l’homme de pouvoir se détacher des autres animaux sur l’Arbre de la Vie.

a. L’étoffe de l’univers

Dans une perspective nouvelle, le monde apparaît comme une masse en cours de transformation. Cela s’explique dans ce que Teilhard de Chardin appelle trois faces de la matière : Pluralité, Unité et Energie. Pluralité s’explique en petites particules comme plusieurs gouttelettes de pluie ou comme du sable. Ces particules composées de la Pluralité sont appelées des Atomes et suite à leur collectivité, l’univers devient une entité cosmogénèse. L’unité, quant à elle, est basée plus particulièrement sur ce qui est esprit. Energie est la mesure de tout ce qui se passe dans le mouvement d’un atome vers un autre en cours de transformation. L’Energie est unifié de puissance et d’expression de toute la structure de l’atome. En science, l’Energie est la plus primitive forme de base de la création vers une nouvelle création de l’univers.

b. Le Totum et le Quantum

Le Totum et le Quantum sont universels et tendent à s’exprimer et à se définir en cosmogénèse.
Le Totum c’est la représentation de l’univers en morceau, en partant d’un et d’un même système, jamais répété en lui-même d’un point à un autre, ne représentant qu’une unique personnalité. C’est une forme de représenter tout l’univers à partir d’une seule donnée ou d’un système individuel.
Le Quantum quant à lui, exprime un système de représentation qui repose sur toute l’existence en globale, la capacité d’action (d’énergie) de toute créature. Partant de ces deux systèmes représentations de l’univers, on constate considérablement l’évolution de la Matière. En effet, cette matière se révèle lui-même en nous dans un état de genèse ou de commencement. Chaque mouvement évolutif sur l’Arbre de la Vie est très significatif, ce qui est gagné sur une branche est perdu chez l’autre, l’univers se représente en lui-même comme un Quantum, car son évolution se mobilise toujours sur l’accroissement continuel de la perfection de ce qui a été depuis les commencements.

c. Le dedans et le dehors.

Le dedans, selon Teilhard de Chardin, c’est l’existence d’un état de conscience, de la capacité de pouvoir sortir de soi-même, suite à une force tangible d’Energie. C’est de cette définition que Teilhard parvient à constater que le Dedans est uniquement réservé aux espèces humaines, car celles-ci sont les seuls qui sont douées d’une puissance intérieure. Chez l’animal, on observe toujours cette absence d’une force intérieure. C’est pourquoi à cause de leur inconscience, de leur manque de réflexion, les animaux restent toujours dans l’état de pré-vie. C’est pour cela qu’existe le Dehors pour les êtres non humains. Cependant, il est à signaler qu’en dehors de cette Energie Puissante de l’homme, existe une autre sorte d’énergie qu’on peut attribuer à tous les êtres, c’est l’énergie dont Newton et autres physiciens feront l’étude. Cette énergie est située effectivement dans le Dehors de choses d’après Teilhard.

2. LA VIE

Apres la Prévie, dont l’étude s’est appuyée principalement sur la matière tant en considérant le dedans et le dehors. Nous arrivons à la phase de la Vie où l’Apparition et l’expansion font ici l’objet de notre attention.

a. L’apparition de la vie

Suite à la dynamique de la terre juvénile, rien ne manque pour le commencement de la Vie : le monde minéral et le monde animé.
La Vie commence avec la cellule d’après la vision matérialiste du dehors. Celle-ci est le grain naturel de Vie, tout « comme l’atome est le grain naturel de la matière inorganisée. »[1]
La cellule occupe donc une place importante dans le Pas de la Vie. Même si elle demeure encore énigmatique à nos yeux quant à sa division et son rapport avec l’hérédité. La cellule est considérée comme un micro-organisme. (Méta molécules)

Teilhard de Chardin trouve que « nous nous sommes trop habitués à penser la cellule
commun un objet sans antécédents ».[2] Or à travers la cellule c’est le Monde moléculaire qui affleure pour se perdre plus tard au sein des constructions plus élevées de la Vie. (Elles affluent dans nos veines). Comme l’Homme se fond anatomiquement dans la masse des Mammifères qui le précède.
Il fait objection sur le transformisme de Darwin et de Lamarck. En effet depuis leur temps nombreuses trouvailles sont venues établir l’existence des formes de passage que postulait la théorie de l’évolution.

b. L’expansion de la vie

Pour décrire la monté de la Vie, le biologiste se voit amené à suivre la méthode du physicien consistant pour étudier une onde, à commencer par le calcul d’une pulsation d’une particule afin de généraliser le résultat. C’est-à-dire qu’il va étudier les traits expressifs et lumineux, dégager l’allure générale prise par la multitude des progrès individuels, ensuite analyser les procédés imaginés par la vie.
Dans l’expansion de la Vie, trois chefs principaux contiennent et définissent la substance :
1. les mouvements élémentaires de la Vie
2. la ramification spontanée de la masse vivante
3. l’arbre de la Vie

1- les mouvements élémentaires de la vie

- Le premier mouvement est la reproduction.
A la base du processus entier par lequel se tisse autour de la Terre l’enveloppe de la Biosphère, il y a le mécanisme de la reproduction. Toute cellule se divise à un moment donné par « Scissiparité »ou « Karyokinèse » pour donner naissance à une cellule nouvelle et ainsi de suite, par simple procédé imaginé par la nature pour assurer la permanence de l’instable dans le cas des vastes édifices moléculaires. La Vie en se défendant ainsi se multiplie.
Le second mouvement est la multiplication
Par le seul fait qu’elle se dédouble et que rien ne peut l’empêcher de le faire continuellement la Vie possède une force d’expansion aussi invincible que celle d’un corps qui se dilate ou se vaporise. Alors que la matière trouve son point d’équilibre dans son volume. Plus le phénomène de division cellulaire s’étend et plus il gagne en virulence comme un feu constructeur et dévorateur.
Il y a ensuite la rénovation
La reproduction double la cellule Mère et par le mécanisme inverse de la désagrégation chimique, elle multiplie sans émietter. En même temps transforme ce qu’elle visait à prolonger. Ainsi l’élément se coince et se fige dans son évolution. Mais continue le re-ajustement intérieur.
Suite à cette étape, il y a la conjugaison. C’est à cette étape que nous pouvons admirer comment grandit et se sublime par évolution de la cellule à l’Homme, la dualité de sexe. Puis il y a la phase d’association, l’additivité dirigée. (L’orientation vers la forme verticale). On va des micromolécules aux macromolécules. « C’est la forme dynamique et seule complète de l’hérédité. On a ici ascension de la Vie. Nous arrivons donc au deuxième point principal.

2- la ramification spontanée de la masse vivante

Jusqu’ici la Vie n’est ni confus, ni continue. Elle apparaît comme un ensemble de fragment divergents et étagés : classes, ordres, famille, genre ; espèces. La Vie se segmente en avançant. Elle se rompt spontanément par expansion, en larges unités naturelles hiérarchisées. Elle se ramifie. Considérons ici deux grands moments.

- Agrégation de croissance

Teilhard de Chardin entend ici « le fait nouveau et inattendu q’une dispersion de type simple se produit précisément là où le jeu des chances laisserait le plus craindre un enchevêtrement compliqué »[3]. Lorsque les lignées parviennent à un certain degré de liaison mutuelle, elles s’isolent en gerbe close impénétrable aux autres. Et cette association évolue désormais pour elle-même de façon autonome. « L’espèce est individualisée. Le phylum est né » (C’est une maille de la Vie en évolution. Réalité collective dynamique).Elle s’épanouit ainsi librement.

- Epanouissement de maturité

T. de Chardin part de l’idée qui prend corps dans une théorie ou un mécanisme provisoire. Puis il y a des modifications rapides, jusqu’à une mise à point à peu près définitive. A ce niveau la nouvelle création entre dans sa phase d’expansion et d’équilibre. Exemple : On part de la bicyclette à l’avion / De la cellule à l’homme
C’est le cas similaire pour la courbe de croissance suivie par les rameaux vivants. Au départ le phylum correspond à la « découverte » d’un type organique nouveau et ainsi de suite il va progresser jusqu’à atteindre le maximum de sa taille et sa stabilité. C’est l’épanouissement du phylum par « simple dilatation » ou épaississement de sa tige initiale.

C. L’ arbre de la Vie

Il est constitué de trois principales parties : les grandes lignes, les dimensions et l’évidence. Les grandes lignes

Elles sont caractérisées de plusieurs sous-ensembles, mais nous ne retenons ici que trois points :
- une unité quantitative d’évolution : la nappe des mammifères.
Bien que l’humanité paraisse encore « immature » c’est-à-dire des mammifères, ceux-ci forment à la fois un groupe adulte et mature, qui s’est pleinement épanouit au cours du tertiaire.
D’un point de vue évolutif les Mammifères placentaires constituent ce que T. de Chardin nomme Biote c’est-à-dire regroupement verticillaire dont les éléments se supportent et se complète mutuellement pour subsister et se propager. Ce sont les herbivores- rongeur prenant leur nourriture sur la branche végétale. Puis les insectivores parasitant similaire la branche de la Vie. Puis les carnivores, subsistent les uns des autres.
L’homo sapiens appartient à l’ordre des primates de la classe des mammifères. L’homme est regroupé avec les singes dans le sous ordres des hominiens ;
Quant à la nappe de nappes : les tétrapodes
Elles servent à compter le temps d’apparition à partir de mammifères (élargir et prolonger vers le bas notre vision de l’Arbre de Vie). On a : les reptiles du secondaire (Dinosaures), les herbivores, les carnivores.
La branche des vertébrés est constituée de poissons
Ici il y a plusieurs nappes de différentes variétés. C’est ici qu’apparaissent tous les quadrupèdes et tous les poissons.


3. LA PENSEE.
a) La naissance de la Pensée.

L'homme présente un paradoxe toujours mystérieux tant que la Science ne lui a pas encore trouvé une place dans ses représentations de l'Univers. La Physique est arrivée à circonscrire provisoirement le monde de l'atome. La Biologie est parvenue à mettre un certain ordre dans les constructions de la Vie. C'est à partir de ces données scientifiques que l'Anthropologue peut expliquer à son tour la structure du corps humain et certains mécanismes de sa physiologie. Au point de vue scientifique, l'homme est pris pour un animal à la suite de son anatomie qui n'est pas loin de celle des animaux.
L'incertitude règne toujours chez les scientifiques concernant l'existence d'un sens, et à fortiori d'un axe défini à l'évolution. Si l'on veut trancher cette question de la supériorité de l'Homme sur les Animaux, il nous faut écarter résolument dans le faisceau des comportements humains, toutes les manifestations secondaires et équivoques de l'activité interne, et se placer en face du phénomène central, celui de la Réflexion.

La Réflexion comme le mot l'indique, est "le pouvoir acquis par une conscience de se replier sur soi, et de prendre possession d'elle-même comme un objet doué de sa consistance et de sa valeur particulières : non plus seulement connaître mais se connaître, non plus seulement savoir, mais savoir qu'on sait"[4]. Par cette individualisation de lui-même au fond de lui-même, l'élément vivant, jusque-là répandu et divisé sur un cercle diffus de perceptions et d'activités, se trouve constitué, pour la première fois, en centre ponctiforme, où toutes les représentations et expériences se nouent et se consolident en un ensemble conscient de son organisation.

Les conséquences d'une pareille transformation sont immenses : L'être réfléchi, en vertu même de son reploiement sur soi-même, devient tout à coup susceptible de se développer dans une sphère nouvelle. En réalité c'est un autre monde qui naît. Abstraction, logique, choix et inventions raisonnés, mathématiques, art, perception calculée de l'espace et de la durée, anxiétés et rêves de l'amour… Toutes ces activités de la Vie Intérieure ne sont rien autre chose que l'effervescence du centre nouvellement formé explosant sur lui-même.

C'est le fait de se trouver réfléchi qui constitue l'être vraiment intelligent. L'animal sait bien entendu, mais certainement il ne sait pas qu'il sait. Autrement il aurait depuis longtemps multiplié des inventions et développé un système de constructions internes qui ne sauraient échapper à notre observation. Par conséquent, un domaine du Réel lui demeure clos, dans lequel nous nous mouvons, mais où, lui, il ne saurait entrer. Une fossé ou un seuil infranchissable pour lui, nous sépare. Par rapport à lui, parce que réfléchis, nous ne sommes pas seulement différents, mais autres. Non pas simple changement de degré, mais changement de nature, résultant d'un changement d'état. Voilà exactement le sens de Dêmêtêr ; "la vie parce que montée de conscience, ne pouvait continuer à avancer indéfiniment dans sa ligne sans se transformer en profondeur. Elle devait donc devenir différente pour reste elle-même."[5]

Du moment que l'Evolution est transformation primairement psychique, il n'y a pas un instinct dans la Nature, mais une multitude de forme d'instincts, dont chacun correspond à une solution particulière du problème de la Vie. Le psychisme d'un insecte n'est pas celui d'un Vertébré, ni l'instinct d'un écureuil celui d'un chat ou d'un éléphant : ceci en vertu même de leur position à chacun sur l'Arbre de Vie. Par le fait même à voir se détacher légitimement un relief se dessiner une gradation.

Si l'instinct est grandeur variable, les instincts ne sauraient être seulement divers : ils forment, sous leur complexité, un système croissant, ils dessinent, dans leur ensemble, une sorte d'éventail où les termes supérieurs, sur chaque nervure, se reconnaissent chaque fois à un rayon plus grand de choix, appuyé sur un centre mieux défini de coordination et de conscience. Et c'est justement là ce que nous observons ; le psychisme d'un chien, quoiqu'on puisse dire, est positivement supérieur à celui d'une taupe où d'un poisson. Dans le mécanisme de l'Evolution, il est certain que chaque groupe zoologique s'entoure d'une certaine enveloppe psychologique : chaque type d'insecte, d'oiseau ou de mammifère à ses instincts propres. L'évolution saisit donc en même temps l'élément somatique et psychique de l'espèce.

Si l'histoire de la vie n'est, comme nous l'avons dit, qu'un mouvement de conscience voilée de morphologie, il est inévitable que, vers le sommet de la série, au voisinage de l'homme, les psychismes arrivent et paraissent à fleur d'intelligence. Les spiritualistes ont donc raison quand ils défendent si âprement une certaine transcendance de l'homme sur le reste de la nature. Les matérialistes n'ont pas tort non plus quand ils soutiennent que l'Homme n'est qu'un terme de plus dans la série des formes animales. Ils se rejoignent tous sur un point essentiel de l'Evolution qui est le changement d'état. Changement d'état d'abord, mais ensuite par le fait même, commencement d'une autre espèce de Vie. Discontinuité de continuité c'est-à-dire Recevoir –Maintenir –Acquérir –Reproduire – et Transmettre, telle se définit et se présente à nous, dans la théorie de son mécanisme, juste comme apparition première de la vie, naissance de la Pensée.

b) La Noosphère.

Plus la science sonde le passé de notre humanité, plus celle-ci en tant qu'espèce, se conforme aux règles et au rythme qui marquaient avant elle chaque bourgeonnement nouveau sur l'Arbre de la Vie. L'Homme-Espace échappe à notre science par les fragiles secrets de ses toutes premières origines. Ce qui nous préoccupe le plus, n'est-ce pas précisément ce qui pu se passer au cours de ces premiers mille ans ? Et bien plus encore ce qu'a pu marquer le premier instant ? Nous voudrions bien savoir quel a pu être l'extérieur de nos premiers parents.

En somme, l'homme, apparu au cœur des Primates, s'épanouit à la flèche de l'Evolution zoologique, et par conséquent il marque une transformation affectant l'état de la planète entière. Il est tout à fait remarquable qu'en l'homme, pour des raisons étroitement liées au pouvoir de réflexion, la transformation est accélérée. Constamment, dans chaque personne se développe, d'année en année, l'étincelle du réflexe. Quelque chose change dans notre atmosphère, au cours de l'histoire. Dans ce monde de la pensée qu'est la Noosphère, il est à remarquer que l'humanité est en pleine expansion vers la recherche de l'Absolu.

c) La terre moderne

L'évolution pour beaucoup de gens, ce n'est que le Transformisme ; et le Transformisme lui-même, ce n'est que la conception darwinienne. Les sciences naturelles ; la chimie, la physique, la sociologie et même les mathématiques et l'histoire des religions, (l'un après l'autre), tous les domaines de la connaissance humaine s'ébranlent, entraînés ensemble, par un même courant de fond, vers l'étude de quelque Développement. Une théorie, un système, une hypothèse, l'Evolution…? Non point : mais, bien plus que cela, une condition générale à laquelle doivent se plier et satisfaire désormais, pour être pensables et vrais, toutes les théories, toutes les hypothèses, tous les systèmes. Une lumière éclairant tous les faits, une courbure que doivent épouser tous les traits : voilà ce qu'est l'Evolution.
En somme, reconnue d'abord en un seul point des choses, puis étendue par force à tout le volume, inorganique et organique, de la Matière, l'Evolution est en train de gagner, que nous le voulions ou non, les zones psychiques du Monde.

Comment, en effet, incorporer la Pensée au flux organique de l'Espace-Temps sans être forcé de lui accorder, dans le processus, la première place ? Comment imaginer une Cosmogénèse étendue à l'Esprit sans se trouver du même coup en face d'une Noogénèse ? Non seulement la Pensée fait partie de l'Evolution à titre d'anomalie ou d'épi-phénomène : mais, l'Evolution si bien réductible et identifiable à une marche vers la Pensée que le mouvement de notre âme exprime et mesure les progrès même de l'Evolution. Bien plus encore, dans notre conscience, à chacun de nous, c'est l'Evolution qui s'aperçoit elle-même en se réfléchissant. Bref, l'éventail évolutif continue à nous toucher, dans mille phénomènes sociaux que nous n'aurons jamais supposés aussi étroitement reliés à la Biologie : dans la formation et dans le dissémination des langues, dans le développement et la différenciation des industries nouvelles, dans l'établissement et la propagation des doctrines philosophiques et religieuses etc.[6]

Malgré cela, toute la psychologie de l'inquiétude moderne est liée à la brusque confrontation avec l'Espace-Temps. Vraiment la moitié du malaise présent se transformerait en allégresse, si seulement nous nous décidions, dociles aux faits, à placer dans une Noogénèse l'essence et la mesure de nos modernes cosmogonies. Le long de cet axe, aucun doute possible. L'univers a toujours bougé et en ce moment même il continue à bouger. Mais demain bougera-t-il encore ?

4. LA SURVIE.
a) La montée de la conscience et le point Oméga.

Depuis qu'elle est née, la science a surtout grandi sous l'excitation de quelque problème de la Vie à résoudre, et ses plus sublimes théories eussent toujours flotté sans racines sur la Pensé humaine si elles ne s'étaient immédiatement mues, incorporées, en quelque moyen de maîtriser le Monde. De ce fait, la marche de l'humanité, prolongeant celle de toutes les autres formes animées, se développe, incontestablement dans le sens d'une conquête de la Matière mise au service de l'Esprit. Pouvoir agir pour agir plus. Mais, finalement et surtout, agir plus afin d'être plus.[7]

L'univers est nécessairement une grande homogène dans sa nature et ses dimensions. Or le serait-il encore si les tours de sa spire perdaient quoi qu ce fût de leur degré de réalité, de leur consistance, en montant toujours plus haut ? Plus profonde que l'Acte commun de vision où elle s'exprime, plus importante que la Puissance commune d'action dont elle émerge par une sorte d'auto-naissance, il y a, et il faut envisager, la Réalité elle-même constituée par la réunion vivante des particules réfléchies. Cela montre également que l'Etoffe de l'univers, en devenant pensante, n'a pas encore achevé son cycle évolutif, et que, par suite, nous marchons vers quelque nouveau point critique, en avant.

Sous l'effet de la Réflexion, et des reploiements que celle-ci entraîne, les chaînes se ferment, et la Noosphère tend à se constituer en un seul système clos, où chaque élément pour soi, sent, désire, souffre les mêmes choses que tous les autres à la fois. (Dessin au tableau du cône Espace-temps).

Une collectivité harmonisée des consciences, équivalente à une sorte de super-conscience. La terre non seulement se couvrant de grains de Pensée par myriades, mais s'enveloppant d'une seule enveloppe pensante, jusqu'à ne plus former fonctionnement qu'un seul vaste Grain de pensée, à l'échelle sidérale. La pluralité des réflexions individuelles se groupant et se renforçant fans l'acte d'une seule Réflexion unanime. L'Evolution, étant reconnu et admis comme une montée vers Conscience, doit culminer en avant dans quelque Conscience suprême. Mais cette Conscience, justement pour être suprême, ne doit-elle pas porter en soi au maximum de ce qui est la perfection de la nôtre : le reploiement illuminateur de l'être sur soi ? Prolonger vers un état diffus la courbe de l'Hominisation, c'est uniquement vers une hyper-réflexion, c'est-à-dire vers une hyper-personnalisation, que la Pensée peut s'extrapoler, chacun devenant d'autant plus soi, et donc plus distincte des autres qu'elle s'en rapproche davantage en Oméga.[8]

En Oméga, par définition, s'additionne et se ramasse, dans sa fleur et son intégrité, la quantité de conscience peu à peu dégagée sur Terre par la Noogénèse. Ce point est acquis. C'est un centre distinct rayonnant au cœur d'un système de centres où les parties se perfectionnent et s'achèvent dans tout ensemble organisé. C'est un groupement où personnalisation du Tout et personnalisation élémentaires atteignent leur maximum, sans mélange et simultanément autonome. Il serait donc faux de représenter simplement Oméga comme un centre naissant de la fusion des éléments qu'il rassemble ou les annulant en soi. L'oméga c'est un foyer central, nécessairement autonome. Sa fonction cosmique consiste à amorcer et à entretenir sous son rayonnement l'unanimité des particules réfléchies du Monde.

b) La terre finale.

Sans reploiement sur soi de la Matière, sans chimisme clos des molécules, des cellules et des rameaux phylétiques, il n'y eût jamais eu ni Biosphère, ni Noosphère. Dans leur apparition et leur développement, Vie et Pensée, sont, non seulement par accident, mais structurellement liées aux contours et au sort de la masse terrestre. Et par contre voici maintenant qu'en avant, pour entretenir et équilibrer la poussée des consciences, un Centre psychique de dérive universelle vient de nous apparaître, transcendant le Temps et l'Espace, et donc essentiellement estra-terrestre. Noogénèse montant irréversiblement vers Oméga à travers le cycle étroitement limité d'une Géogénèse. En un moment donné du futur, sous quelque influence tenant à l'une ou l'autre courbe, ou à toutes les deux à la fois, il est fatal que les deux branches se séparent. Si convergente soit-elle, l'Evolution ne peut s'achever sur Terre qu'à travers un point de dissociation. Ainsi s'introduit naturellement, et tend à prendre figure dans nos perspectives le fantastique et inévitable événement dont chaque jour passé nous rapproche davantage : la fin de toute Vie sur notre globe, la mort de la planète, la phase ultime du Phénomène humain.

Il y a néanmoins quelques pronostics à écarter. Lorsqu'on parle de la fin du monde, c'est toujours l'idée de malheur qui nous vient immédiatement à l'esprit. La vie dispose encore, pour se développer, de longues périodes géologiques. Par ailleurs, observée sous sa forme pensante, elle donne encore tous les signes d'une énergie en pleine expansion. Depuis que l'homme est apparu, la pression évolutive semble être tombée dans toutes les branches non humaines de l'Arbre de la Vie. Et maintenant qu'à l'Homme devenu adulte s'est ouvert le champ des transformations mentales et sociales, les corps ne changent plus appréciablement, ils n'ont plus à changer, dans la branche humaine ; ou s'ils changent encore, ce ne sera plus que sous notre industrieux contrôle.[9] Il se peut que, dans ses capacités et sa pénétration individuelles, notre cerveau ait atteint ses limites organiques, mais le mouvement ne s'arrête pas pour autant.

La fonction première de l'humanité sera toujours de pénétrer et d'unifier intellectuellement, de capter, de comprendre et de maîtriser encore plus, les énergies qui l'entourent. Aucun danger pour elle de se heurter à une limite extérieure dans ses épanouissements. Rien ne saurait apparemment sur terre ni saturer notre besoin de savoir, ni épuiser notre pouvoir d'inventer. (dit le P Teilhard dans le phénomène humain à la page, 312).


5. LA PHILOSOPHIE DU PERE TEILHARD DE CHARDIN.

L'étude des développements de l'homme préhistorique conduit Teilhard à une conception globale de la place de l'Homme dans l'univers. La clé de sa pensée repose sur un évolutionnisme optimiste qui s'efforce de concilier science et foi catholique. Les traits majeurs de cette évolution teilhardienne sont la convergence et l'unification. L'humanité rassemblée aspire efficacement à son unification réelle, accomplissant ainsi les promesses de solidarité et de surconscience contenue dans la genèse du monde. La pensée de Teilhard s'enracine dans une intuition de l'unité foncière du temps. Affolante et désespérante, la pluralité des choses et des êtres ne peut pas, selon Teilhard, être la vérité ultime du monde. Il est donc nécessaire qu'il y ait un projet, un dessein, un sens qui résolve l'énigme du monde. L'évolution qui a abouti à l'Homme va quelque part ; elle ne saurait être le résultat d'un processus hasardeux et aveugle.

Encore, la présente évolution spirituelle de nos espèces tendant vers le point Omega comme la fin ou comme la destiné devine de l’évolution humaine sur cette planète. Son théisme est réel et transcendant. En fin de compte, Dieu Omega et humain oméga s’uniront dans une synthèse mystique de l’unité spirituelle. Il tient ou soutient que lorsque l’âme des personnes se détache de cette planète et transcendant ou dépassant l’espace et le temps, elle est immergée dans Dieu Omega. La fin ultime de l’évolution est une dernière synthèse de l’humanité avec le Dieu Omega universel.
Son ouvrage principal, le Phénomène humain (1955), est une tentative pour mettre en forme une vision évolutionniste complète qui réponde aux problèmes scientifiques et religieux. Il interprète l'évolution comme un processus ayant un objectif dans lequel la matière énergie de l'univers a continuellement changé vers une complexité croissante. Avec l'émergence de l'humanité, l'évolution entre dans une nouvelle dimension. L'Homme, comme une flèche, désigne le sens de l'univers. Teilhard apparut comme un homme de foi et la méditation christologique eut sa place dans toute sa pensée. Pour Teilhard, il n'y a rien de profane pour qui sait voir ; tout est « milieu divin » ; tout peut être transformé, l'histoire étant le devenir de Dieu. L'évolution est croissance même du corps du Christ qui fait la consistance de l'humanité. Les étapes de l'évolution : cosmogénèse (naissance et développement de l'univers), biogenèse (de la vie) et oogenèse (de l'esprit) telles qu'il les décrit le conduisirent à voir une spiritualisation progressive de la matière dont l'Homme est la clé et Dieu le point initial et final, l'alpha et l'oméga, comme il est dit dans le livre de l'Apocalypse (XXII, 13).


6. CONCLUSION

Au terme de cet exposé, nous constatons avec conviction la réalité de l’évolutionnisme dans l’histoire de l’humanité. En effet le père TEILHARD de Chardin en tant que géologue et paléontologiste du 20e siècle pour qui l’attribution de penseur n’est pas de trop, d’après le Docteur en théologie N. M. Wildiers « a consacré le meilleur de lui-même à l’étude des problèmes qui se présentaient sur le terrain de sa spécialité ou se posaient à la suite de nouvelles découvertes. Il est hors doute que dans ces domaines il ait acquis une grande compétence et ait élargi nos connaissances ».

Ainsi par rapport à l’évolutionnisme, ayant voulu exprimer ses vues sur l’événement cosmique, son œuvre intitulé le phénomène de l’humain occupe une place centrale dans l’histoire de l’évolutionnisme créationnisme en raison de sa portée fondamentale.

De la Pré vie à la survie en passant par la Vie et la Pensée, nous assistons à une évidente progression qui nous mène jusqu’à la terre finale. Il aussi important de noter ici que si on ne peut parler du Père T. de Chardin sans faire allusion au point Oméga, c’est que sans toutefois s’étendre sur l’aspect christique de son œuvre « c’est pour le chrétien, après l’élaboration d’une vision complète du monde, il se pose un autre problème de la plus haute importance : celui de la synthèse entre cette vision du monde et les données de la foi ». Alors, depuis Thomas d’Aquin les théologiens sont tous d’accord qu’il y a harmonie entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. Donc pour T. de Chardin comme pour Saint Paul de la Bible « le Christ est l’axe et la fin de tout l’évènement du monde, le point mystérieux Oméga vers lequel convergent toutes les forces montantes en sorte que la création entière lui apparaît en fonction du Verbe Incarné.

BIBLIOGRAPHIE
Þ Le phénomène humain, Pierre Teilhard de Chardin, Editions du Seuil, Paris 1955.
Þ Teilhard de Chardin, sa vie, son œuvre avec un exposé de sa philosophie, Presses universitaires de France, 108, Boulevard saint-Germain, Paris 1964.
Þ La montée de conscience, essai de synthèse de la pensée de Teilhard de Chardin, par Georges la Fay, collection point d'appui, les éditions ouvrières, Paris 1964.


[1] Phénomène humain, à la page 80
[2] Phénomène humain, à la page 81
[3] Phénomène humain, à la page 120
[4] Le phénomène humain, à la page 181
[5] Le phénomène humain, à la page 182
[6] Phénomène humain, aux pages 246 et 247.
[7] Le Phénomène humain, à la page 277.
[8] Le Phénomène humain, à la page 287.
[9] Le Phénomène humain, à la page 309

Une refléxion sur la querelle des universaux

EN QUOI CONSISTE LE PROBLEME DES UNIVERSAUX?


Ce problème consiste en une polémique qui opposa, au Moyen Age, les nominalistes qui refusaient l’existence réelle des universaux (concepts universels) et les réalistes pour qui les universaux ont une existence réelle. C’est ce que l’on appelle souvent querelle des universaux.

Nominalisme (philosophie) (du latin nominalis, « nominal »), dans la philosophie scolastique médiévale, doctrine qui substitue à la notion d’idées générales celle de signes généraux, et qui affirme que les universaux (ou concepts universels), sont des signes, et non des substances constituant un ordre du réel, car seules les choses particulières sont pourvues d’existence.

2 LE PROBLÈME DES UNIVERSAUX

Ainsi les universaux, tels que cercle, beauté ou animal, passent pour n’être que des noms, ou termes (« terminisme » est un synonyme peu usité de « nominalisme ») qui ne servent à évoquer que des choses particulières. Le nom « cercle » qui s’applique aux choses circulaires, est, en tant que tel, une désignation générale ; mais il n’existe pas séparément une entité concrète et une essence de la circularité correspondant au nom. L’universel ne peut donc être qu’un terme.

3 NOMINALISME, RÉALISME ET CONCEPTUALISME

Le nominalisme s’est développé dans la lignée de la logique dérivée d’Aristote selon laquelle toute réalité est faite de choses singulières, tandis que la théorie du réalisme est issue des idées universelles (ou archétypes) de Platon. Pour le réalisme, les universaux ont une existence réelle et séparée, antérieure ou indépendante des objets particuliers dans lesquels ils se manifestent.

La querelle entre le nominalisme et le réalisme s’est amplifiée au Moyen Âge : la position nominaliste a été exposée par Roscelin, puis développée par Guillaume d’Occam, tandis que la position réaliste a été illustrée par Bernard de Chartres et Guillaume de Champeaux.

Entre le nominalisme et le réalisme, le conceptualisme fait figure de doctrine intermédiaire, pour laquelle les universaux, bien que dénués d’existence réelle ou substantielle dans le monde extérieur, existent néanmoins en tant qu’idées ou concepts, et sont par conséquent davantage que de simples noms. Un réalisme plus modéré affirme que les universaux sont logés dans l’esprit humain et qu’ils se réfèrent à des qualités des choses particulières.

4 NOMINALISME ET THÉOLOGIE

L’enjeu de la querelle n’est pas seulement philosophique mais aussi théologique, car Roscelin soutient que la Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit), conçue traditionnellement par la théologie catholique comme constituant l’unité d’une seule nature divine, ne peut être comprise selon la méthode individualisante du nominalisme que comme trois dieux distincts et séparés. Aussi l’Église est-elle fermement opposée au nominalisme. Dans le domaine de l’éthique, cette position antinominaliste implique le rejet d’une hypothétique nature humaine et le refus de la doctrine du droit naturel bâtie sur ce concept : selon la position dominante dans l’Église, les actes sont moralement bons ou mauvais selon qu’ils sont commandés ou interdits par Dieu.

Le nominalisme d’Occam a suscité de nombreux débats, notamment avec les empiristes et dans les discussions sur la nature du langage. Le questionnement sur les universaux, surtout, ne s’est pas éteint et a ouvert la voie à de nombreuses théories nominalistes modernes telles que l’instrumentalisme, le pragmatisme et le positivisme logique.

. Conceptualisme, en philosophie, théorie intermédiaire entre le nominalisme et le réalisme. Le conceptualisme soutient que, bien que n'ayant pas d'existence réelle dans le monde extérieur, les universaux (abstractions ou idées abstraites) existent bien comme idées ou concepts dans l'esprit, par conséquent ils ne se réduisent pas à de simples mots. Cette théorie contredit le nominalisme, qui soutient que les abstractions (universaux) ne sont que des illusions de langage, sans aucune réalité substantielle, et que seuls les objets individuels ont une existence réelle. Le conceptualisme fut épousé par le philosophe scolastique Pierre Abélard. Voir Idéalisme ; Logique.


. Réalisme (philosophie), en philosophie, terme utilisé pour deux doctrines distinctes de la théorie de la connaissance.

Dans la philosophie moderne, le terme « réalisme » s'applique à la doctrine qui affirme que nous percevons par nos sens des objets qui ont une réalité physique indépendante de notre perception et que par conséquent la connaissance du monde qui procède de celle-ci est fiable. En ce sens, il s'oppose à l'idéalisme représenté par George Berkeley ou Emmanuel Kant. Dans sa forme extrême, appelée parfois réalisme naïf, les choses perçues par les sens passent pour être la réplique exacte de leur apparence. Les versions plus élaborées auxquelles on se réfère parfois sous le nom de réalisme critique proposent une explication de la relation entre l'objet et l'observateur qui rend compte de la possibilité de l'illusion, de l'hallucination et d'autres erreurs de la perception.

Dans la philosophie médiévale, le terme « réalisme » se réfère à la position qui considérait comme réelles les idées platoniciennes, ou universaux, représentant une réalité supérieure à celle des objets sensibles. Cette position est à présent communément appelée réalisme platonicien. Dans la philosophie de Platon, un nom commun (par exemple, « lit ») se réfère à la nature idéale de l'objet, laquelle a une existence métaphysique indépendante des objets particuliers de ce type. Ainsi, la justice est conçue par ce type de réalisme comme une essence qui existe indépendamment des actes individuels « justes », de même que le « lit » existe en tant qu'entité générique indépendamment des objets particuliers du même nom. Au Moyen Âge, cette position fut défendue contre le nominalisme, qui niait l'existence de tels universaux en affirmant que tous les objets que l'on appelle par un nom, ont pour seul élément commun ce nom. Font figure d'intermédiaires entre ces deux positions le réalisme modéré, qui soutient que l'univers existe dans tous les objets du même type mais pas indépendamment de ceux-ci et le conceptualisme, qui considère que l'univers peut exister indépendamment de tous les objets d'un type donné mais seulement en tant qu'idée dans l'esprit et non en tant qu'entité métaphysique dotée d'une existence autonome. Les représentants de la philosophie analytique tels que George Edward Moore et Bertrand Russell critiquent l'idée selon laquelle la réalité est toujours composée de « totalités organiques » dont l'analyse incombe à l'esprit. Pour Russell, en particulier, les relations qui unissent les choses ou les faits sont déterminées par la nature ultime des entités qu'elles relient et représentent une réalité spécifique ; c'est la doctrine de l'atomisme logique. Certains considèrent Edmund Husserl comme un représentant du réalisme dans la mesure où il refusait de réduire les essences à des constructions de l'esprit ; cependant, il n'attribua pas aux essences le même type d'existence que Platon : le réalisme du fondateur de la phénoménologie est à mi-chemin de l'idéalisme car l'« intuition des essences » ne révèle que les phénomènes, alors que leur véritable nature reste cachée.
MUNYANZIZA Pierre Célestin
Missionnaires des Sacrés Cœurs
de Jésus et de Marie
Emails : cepimsscc@yahoo.fr
cepimsscc@hotmail.com
Site internet : http://munyanziza.blogspot.com/




Projet personnel 2008/2009


MUNYANZIZA Pierre Célestin
SCOLASTICAT I
PHILO II
E-mail : cepimsscc@yahoo.fr
cepimsscc@hotmail.com


PROJET PERSONNEL 2008/2009

Introduction

La croissance m’est si importante chaque jour dans toutes les dimensions surtout tout au long de cette étape de la formation vers la vie sacerdotale. Pour rejoindre l’objectif de notre communauté- celui de former les futurs prêtres MSSCC- j’élabore ce projet donc qui va m’aider pour la réussite de ma formation. Partant de ma réalité présente , je note ceci : Cette année académique 2007-2008 et la quatrième année que je me suis intégré dans la congrégation des MSSCC dont deux ans de profession temporaire juste après deux ans du Noviciat et postulat. Comme étudiant en deuxième année de philosophie à l’UCAC – Yaoundé, je me sens bien enthousiasmé pour répondre généreusement à l’appel de Dieu dans une pleine intégration dans la congrégation des MSSCC, d’une part, et dans la communauté « Joachim Rossello » de Yaoundé/ Cameroun.


OBJECTIF GENERAL

¨ Comme étudiant, Religieux MSSCC je veux suivre avec l’efficacité le plan de formation (cf. le plan de formation dans son deuxième et troisième étape).

¨ Réussir la deuxième année ; obtenir un bon résultat et éviter les échecs. Je voudrais donc obtenir un maximum plus possible et valider tous les cous une fois pour toutes sans passer des reprises.

¨ Avoir une connaissance équilibrée dans toutes les dimensions à savoir : dimension religieuse, dimension congrégationnelle, dimension humaine, dimension chrétienne.
¨ Elaborer ce projet c’est pour profiter toutes les ressources que m’offre la congrégation.
¨ Capacité de travail en équipe et communion fraternelle.


I. DIMENSION RELIGIEUSE

1) Analyse de la réalité :
- Ma vie religieuse a toujours besoin d’être nourrie par une fidélité totale à ma vocation.
- J’ai besoin de vivre selon les vœux que j’ai prononcés.

2) Objectifs :
- Vivre fidèlement mes engagements.
- pratiquer les exigences de la vie religieuse.
- Vivre radicalement la pauvreté religieuse.
-la croissance spirituelle.

3) Où, quand, comment, avec qui ?

Moyens :
- Mener une vie fraternelle en communauté.
- Nourrir chaque jour ma vie religieuse étant conscient que j’en ai choisi librement avec toute ma générosité.
-être accompagné spirituellement par le Père Martin BRIBA s.j (à confirmer). 7

Avec qui : mes confrères au sein de la communauté.
.
Avec quoi : échange, partage, écoute attentive et pardon quotidien.


II. DIMENSION CONGREGATIONNELLE


1) Analyse de la réalité : Notre congrégation dispose des documents charismatiques riches à ma vocation. Je dois les observer toujours pour croître dans l’amour et le respect mutuel, dans la connaissance et l’amour de notre congrégation.

2) Objectifs :
- Apprendre et approfondir les règles de la congrégation.
- Les observer toujours et les mettre en pratique pour me distinguer et vivre par l’amour fraternel qui fera reconnaître partout comme le vrai témoin de l’amour du Christ. A ce sujet, je dois me servir et observer notre règle article 16 et 17.
- Approfondir les documents charismatiques de la congrégation.
- Vivre et pratiquer la spiritualité du désert.
- Croître dans la spiritualité des sacrés cœurs.

3) Moyens :
- Par la lecture assidue et méditée de nos règles.
- Par l’échange et partage.
Avec qui ? Quand et où ? : Avec mes confrères avec qui nous sommes appelés à vivre ensemble.

Pour les documents de la congrégation, voici ci- dessous la bibliographie que je vais m’en servir :

Ø CELIA Guillermo, Joaquin Rossello: La zarza ardiente, Madrid, Alcalà, P.32
Ø Manuel Soler Palà, Josep Amengual Batle, Joaquim Rossello i Ferra, Un misionero de corazón, Madrid, Biblioteca de Autores cristianos, 1997, P. 295
Ø Collectif, Je crois à l’amour, Le Père Joaquim Rossello i Ferra, Fondateur des Missionnaires de Sacrés Coeurs, Paris, Fleurus, 1990, P48
Ø Règles de la Congrégation des Missionnaires des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie (Majorque), Palma de Mallorca, 1983, P 113
Ø « Notes » concernant la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie écris par le R. P. Joachim ROSSELLÓ y Ferrà son premier Supérieur 1897(traduit par le Père Santos GANUZA, MSSCC) P. 119


III. DIMENSION CHRÉTIENNE

1) Analyse de la réalité : ma réalité présente m’exige une construction de l’homme intérieur afin de mieux faire une expérience spirituelle à travers et à la suite du Christ.

2) Objectifs :
- Mener une vie éclairée par l’Evangile.
- Construire mon homme intérieur et extérieur.
- Faire l’expérience spirituelle de Jésus à travers la prière personnelle et communautaire.
- Parvenir à l’évolution progressive de la prière personnelle.

3) Moyens :

Quand et où ? :
- la lecture personnelle de la Parole de Dieu à la Chapelle après la prière communautaire et dans la Chambre.
- réciter le chapelet dimanche à 19h00 à la Chapelle.
Avec qui : avec mes confrères.
- par une collaboration franche avec mes confrères.
- éviter la monotonie par la créativité.


III. DIMENSION HUMAINE

1) Analyse de la réalité :
- je suis dans une communauté là où tout le monde dispose des qualités et des défauts.
- De mon tour, j’ai des talents, des défauts, des limites et des faiblesses humaines.
- je suis dans une communauté des différentes cultures.

2) Objectifs :
- La croissance personnelle dans ma communauté.
- Avoir une discipline interne et externe autour de moi-même.
- Relever les traits positifs de chacune des différentes cultures qui composent notre
Communauté.
- Adaptation à la culture camerounaise.
- mener une vie missionnaire non limitée.
- Mettre mes talents au service de la communauté.

3) Moyens :
- Je suis dans une communauté composée de différentes cultures (camerounaise, rwandaise et espagnole).
- Pas à faire : je veux parvenir à m’imprégner de toutes ces cultures au sein de la communauté avec mes confrères.
Quand, avec qui, comment, où ? : L’échange, le dialogue, l’écoute aimante et le partage mutuel et fraternel vont me permettre de relever les traits positifs de chacune de ces cultures ; toujours avec l’intention de mener une vie missionnaire non limitée par la culture.

Bibliographie à utiliser : Trois exemplaires du livre de ENZO BIANCHI, (Prier la Parole.) Une introduction a la « Lectio Divina », Médiaspaul, Limete/Kinshasa 1966. (ces œuvres si riches m’aident à bien construire mon intériorité tant spirituelle qu’humaine).

Point de vue intellectuel

Analyse de la réalité : Je n’arrive pas à parler aisément espagnol.

Objectifs :

Vu mes difficultés de ne pas être à mesure de parler aisément espagnol, je vais apprendre l’espagnol 30 min. chaque dimanche sauf les jours de recollection.
Moyens : par la méthode d’explication du texte et la conjugaison de tous les verbes de ce texte, et la construction des phrases courtes avec ces verbes étudiés. Et pour bien cultiver la capacité intellectuelle et bien réussir mes cours de philosophie bibliographie à utiliser (cette bibliographie est complétée par une autre donnée en classe par les Professeurs).

Comment, avec qui et où ?
Je fais tout cela personnellement et éventuellement avec celui qui maîtrise mieux que moi. Cela veut dire que je contacterai les pères formateurs eu égard la disponibilité de chacun d’eux. Pour la bonne réalisation de ce projet, voici l’horaire dont je vais faire usage.

NB : Evaluation sera faite mensuellement et trimestriellement

MUNYANZIZA Pierre Célestin
Missionnaires des Sacrés Cœurs
de Jésus et de Marie
Emails : cepimsscc@yahoo.fr
cepimsscc@hotmail.com
Site internet : http://munyanziza.blogspot.com/




MUNYANZIZA Pierre Célestin
Missionnaires des Sacrés Cœurs
de Jésus et de Marie
Emails :cepimsscc@yahoo.fr
cepimsscc@hotmail.com
Site internet :http://munyanziza.blogspot.com/

LA PLACE DE MARIE CHEZ LES MSSCC.

La dévotion mariale dans notre congrégation des missionnaires des sacrés cœurs trouve son origine dans la spiritualité et le nom même de la congrégation. Nous observons que la dévotion au cœur de marie est toujours en relation avec celle du cœur de Jésus. Notre congrégation dirige donc son regard vers la vierge marie, notre mère. Elle est la femme choisie, qui garde le mystère de Jésus, le méditant en son cœur[1]. Elle le prêcha par sa vie toujours disponible. Et, à l’heure du plus grand amour, cette fidélité la soutint debout au calvaire[2]. Marie de toute son humilité nous modèle la pauvreté évangélique, elle nous apprend la pleine obéissance à la volonté de Dieu, et nous rappelle que notre chasteté est féconde. Cette dévotion mariale serait inacceptable, si elle n’avait le Christ pour le centre.

I. LA DEVOTION MARIALE CHEZ NOTRE FONDATEUR « JOACHIM ROSSELLO Y FERRA »

La dévotion mariale dans notre congrégation des MSSCC a été vécue par notre fondateur depuis sa tendre enfance. Il a vécu une grande piété mariale. Certes, il a reçu cette piété mariale dans sa famille, et plus concrètement chez sa mère. Celle-ci avait une grande dévotion mariale. Elle en manifestait quand elle se rendait toujours face à l’autel de la vierge immaculée au sein de la paroisse Sant Jaume. " Tel père, tel fils" disent les français. Cette attitude de sa mère, plût à ROSSELLO et la copia. C’est ainsi qu’à l’âge de trois ans il commença à prendre d’aller prier. A la paroisse, et ceci à l’insu de sa mère. Par la colère de sa maman, ROSSELLO répondait à sa mère « Ne te fâche pas maman, la vierge Marie est ma mère, elle aussi. » la dévotion mariale chez notre fondateur présente une sorte de prédiction. A son âge d’adolescence, vers 14 ans, cette dévotion, mariale est nourrie, fondée et guidée par le Frère Jésuite Trigueros qui lui prophétisa la fondation de la congrégation des MSSCC en ces termes : « Viendra le temps où Dieu enverra au monde les missionnaires qui répandront et feront connaître la dévotion aux sacrés cœurs de Jésus et de Marie. » En outre, cette dévotion mariale chez notre fondateur s’enrichi par la vénération de la vierge de Lluc dans toutes presqu’île majorquine. La tradition veut que l’on ait trouvé son image dans une crevasse de la montagne. Et c’est là qu’avec le temps on bâtit le sanctuaire de Lluc. La vierge de Lluc est la patronne de la congrégation des MSSCC et ce sanctuaire de Lluc est l’un des éléments, une des maisons fondateurs de notre spiritualité. La grande dévotion mariale chez notre fondateur, ROSSELLO ne se limite pas à sa vie terrestre. Celle –ci s’illustre par le fait qu’après sa mort, sa dépouille fut transportée, en 1940, dans l’Eglise des sacrés Cœurs (dans la chapelle) de Palma où elle repose actuellement da ns la chapelle de la vierge de Lluc. Rappelons ici que, cette dévotion mariale a un fondement.

II. FONDEMENT DE NOTRE DEVOTION MARIALE.

Pourquoi la dévotion mariale ? Notre dévotion mariale se manifeste dans le vécu, la rencontre d’intimité avec Jésus et avec Marie. Celle –ci nous aide à connaître Dieu et entrer en contact avec, par le fait même que Jésus est le verbe de Dieu qui a pris chair au sein de Marie. Elle est notre Mère et elle nous envoie à Jésus. Cette maternité est un héritage reçu au pied de la croix, quand Jésus rassemble tout le monde ; Marie est présente comme Mère de tous les vivants, du genre humain, cette nouvelle Eve. La piété, la dévotion mariale nous montre Marie qui a été aussi la mère du serviteur souffrant. Siméon, dans le temple, au jour de la présentation, lui a prédit : « un glaive transpercera ton âme. »
Au cours de la vie de Jésus, Marie doit renoncer peu à peu à sa maternité humaine pour devenir un membre du corps du Christ, l’Eglise. Elle voit son Fils s’acheminer vers le dénouement tragique de son ministère. Au pied de la croix, elle assiste douloureuse à son affreux supplice. Ainsi, comme tout chrétien, mais de façon douloureuse, puisqu’il s’agit de son propre enfant qui meurt, elle complète ce qui manque dans sa chair au douleur du Christ selon les paroles de Saint Paul. Elle conforme au christ crucifié, elle nous entraîne ainsi à nous conformer aussi à ces souffrances pour connaître la joie de la résurrection dans cette communion avec le crucifié la souffrance de Marie comme la nôtre, devient une prière d’intercession, une offrande ardent de toute sa vie, pour que d’autres connaissent aussi le bonheur de la communion parfaite avec le Christ.

Dans notre congrégation nous avons le souci quotidien d’entrer en contact intime avec Marie afin d’y apprendre et d’y puiser la docilité à la volonté salvifique de Dieu qui nous aide à manifester cet amour de Dieu, à l’humanité. Marie nous apprend à méditer dans nos cœurs, à se soucier du salut de nos frères à l ‘exemple de son intervention à Cana, au Cénacle, et lors de la visitation de sa cousine Elisabeth. Sa fidélité dès le jour de l’annonciation, jusqu’à la dernière minute de sa vie terrestre, est tout à fait considérable et à imiter.

Marie, dans notre congrégation des MSSCC, elle est exemple de la véritable religieuse : celle qui prend source dans le cœur et exprime le sentiment du cœur. Marie, elle est notre modèle de la foi, obéissance et d’amour. Elle nous aide à réfléchir sur notre engagement, sur notre réponse à l’appel du Seigneur et surtout sur notre attitude face au dessein de Dieu. La dévotion mariale dans notre congrégation est intégralement significative. Par conséquent, quand nous vénérons le cœur maternel de la vierge Immaculée nous découvrons la présence paternelle du cœur de Dieu le Père. Donc, nous contemplons la vierge Marie qui se donne pour Dieu et qui incarne l’amour fécond dans l’église du Seigneur, elle, qui reçoit pour donner vaux autres et pour pourmouvoir la bonne nouvelle du Christ.

[1] Lc 2,19.51
[2] Jean 19,25